Communication vocale, visuelle et latéralité : co-évolution avec les systèmes sociaux et les habitats

La grande diversité des systèmes sociaux, des habitats et des modes de locomotion des primates étudiés, nous permet de contribuer, par une approche comparative originale, aux questions de l’origine du langage humain et de ses précurseurs dans la communication animale. Nos études se focalisent sur les origines gestuelle et vocale, en prenant en compte des caractéristiques clefs du langage (i.e. spécialisation hémisphérique et latéralité, syntaxe et sémantique, intentionnalité, transmission culturelle).

  1. Latéralité manuelle : des actions de manipulation aux gestes de communication
  2. A l'origine du langage humain: des précurseurs dans la communication vocale des primates non-humains
  3. Faits marquants

Latéralité manuelle : des actions de manipulation aux gestes de communication

Facteurs influençant les préférences manuelles pour les manipulations
Analyser la latéralité manuelle permet d’étudier indirectement la spécialisation hémisphérique. Le but de nos études est d’évaluer l’importance de facteurs intrinsèques (âge, sexe, arboricolisme) et extrinsèques (guidage visuel, posture, coordination manuelle, position de l’objet à prendre) sur l’expression de cette latéralité chez les primates non-humains. Nos travaux reposent sur un ensemble de tests comportementaux (dont le test QHP (Quantifying Hand Preference task) adapté aux primates) permettant de tester la latéralité manuelle dans différents contextes.

Tests comportementaux

Gestes de communication et intentionnalité
Chez les primates non-humains, nous étudions les préférences manuelles lors des gestes de communication chez les primates non-humains entre congénères mais également envers l'homme. Nous nous intéressons au lien entre la performance dans le pointage référentiel et la préférence manuelle pour désigner ou pour attraper un objet.

Préférence manuelle et flexibilité

De plus, l'intentionnalité des gestes de quémande est recherchée chez différentes espèces, à travers la prise en compte par les sujets de l’état attentionnel de l'expérimentateur avec qui ils interagissent.

Les mangabés tiennent compte de l'état attentionnel de l'expérimentateur

 

A l'origine du langage humain: des précurseurs dans la communication vocale des primates non-humains

Combiner des unités vocales pour compenser une flexibilité limitée. Une étape cruciale dans l'émergence du langage peut résider dans la possibilité de combiner des unités vocales pour augmenter la communication vocale, malgré une flexibilité limitée chez les primates. Deux façons d'atteindre cet objectif sont explorées : l'utilisation d'un système similaire à la suffixation pour former des cris plus complexes et la concaténation dans de longues séquences vocales de cris de base et complexes. Dans ces séquences, nous cherchons à identifier les structures proto-sémantiques, -syntactiques et -prosodiques.

Structures proto-sémantiques

Variations populationnelles et transmission culturelle. Les dialectes (variations d'une langue socialement et géographiquement déterminées) sont un des parallèles établis de longue date entre le langage humain et la communication animale, principalement chez les oiseaux chanteurs. Nous examinons les possibilités de dialectes au niveau sémantique chez les primates, c'est-à-dire quand les différences entre les populations ne peuvent pas être expliquées par l'habitat ou des variations génétiques. Ces variations géographiques sont également recherchées dans la communication gestuelle chez l'homme et les primates non-humains. Sur le plan de l'évolution, nous nous intéressons au lien entre la complexité sociale et la complexité vocale à travers des études comparatives entre différentes espèces de primates non-humains.

Variations géographiques recherchées dans la communication gestuelle

Faits marquants